Do you know Paris? D’Haussmann à nos jours : les immeubles parisiens

En tant que chasseurs d’appartements et passionnés de Paris, nous sommes tous les jours au contact de l’héritage architectural du Baron Haussmann. De la respiration de la ville aux immeubles en passant par le design, la restructuration de la capitale du 19ème siècle a fait de Paris la ville qu’elle est aujourd’hui encore. Appartonaute vous raconte ce bouleversement architectural à travers une série d’articles sur ce qui a définit Paris et cela commence aujourd’hui avec les immeubles haussmanniens.

En 1850, le Baron Haussman est chargé d’un grand projet : assainir et unifier Paris. En effet, depuis sa fondation, la ville a grossi de façon organique et peu structurée, avançant au gré des maisons qui se construisent ici et là. De l’ère chasséenne à la moitié du 19ème siècle, la capitale a évolué sans plan précis et avec la population qui s’y presse, la ville commence à étouffer : le coeur de la ville est resté similaire à son plan du Moyen-âge et devient insalubre. De nombreux mouvements sociaux et la révolution de 1789 la secoue et rendent la vie parisienne difficile et tendue pour tous.

Do you know Paris? D’Haussmann à nos jours : les immeubles parisiens Paris evolution ville urbanisme architecture

Louis-Napoléon Bonaparte missionne alors le Baron Haussmann de transformer Paris. Ce dernier refait les plans de la ville, suivant des règles modernes d’urbanisme, et conçoit également un catalogue précis de nécessités architecturales. Hauteurs, design, pierres… en partant d’un même style, il décline trois types d’immeubles qui permettront de loger les différents niveaux sociaux parisiens.


● L’immeuble de première classe (Rez de Chaussée et 4 étages)

Avec de grands appartements hauts de plafond, des écuries et des remises, ces immeubles sont généralement dotés d’une cour et d’un escalier de service. Destinés à héberger la haute société parisienne de l’époque, ces bâtiments sont richement décorés pour leur plaire et ne reçoivent aucun commerce à leur rez-de-chaussée contrairement aux deux configurations suivantes.


● L’immeuble de deuxième classe (Rez de Chaussée et 4 ou 5 étages)

Plus denses, ces appartements-ci conservent une certaine aisance de vie, grâce à un escalier de service et une certaine hauteur sous plafond. La petite bourgeoisie bénéficie ainsi d’une vie un peu plus aisée. Les balcons y sont aussi plus petits et moins fréquents : ils sont principalement présents par souci d’esthétisme et non d’utilité.


● L’immeuble de troisième classe (Rez de Chaussée et 5 étages)

Ce dernier type d’immeuble possède des appartements plus petits et encore plus denses mais pas d’escalier de service. Pour l’extérieur, il n’y a pas forcément de balcon et généralement beaucoup moins de décorations de façade que les deux autres types.

 

Rassembler la population

Afin d’avoir un meilleur contrôle sur les parisiens, chaque étage de ces immeubles accueille une catégorie différente de la population. Ce procédé permet d’éparpiller les habitations ouvrières et ainsi de pouvoir éviter les futurs soulèvements sociaux.

Ainsi, de l’entresol aux combles, les étages se répartissent le plus souvent ainsi et voici quelques clefs pour reconnaître un immeuble typiquement haussmannien :

● De façon générale, plus l’on monte dans les étages, plus l’on descend l’échelle sociale.

● Le rez-de-chaussée haut de plafond et le premier étage qui y est relié (appelé “entresol”) : cet espace permet l’installation des commerces et le stockage des marchandises. Ils sont fréquemment striés de rayures horizontales sur toute la largeur de leur façade. Les décorations des portes traversent souvent à la fois le rez de chaussée et l’entresol.

● Le deuxième étage : réservé à la noblesse, il les éloigne de la rue et ses nuisances sans pour autant leur donner trop de marches à monter (il n’y a pas d’ascenseurs à cette époque). Cet étage offre des pièces de réceptions longeant le sens de la rue, tandis que les chambres et la cuisine donnent sur la cour intérieure. Les encadrements des fenêtres sont plus riches et un balcon filant donne une décoration supplémentaire.

● Le troisième et quatrième étages : dans la prolongation du dessin du deuxième étage, ce sont généralement des appartements classiques, moins grands. Quelques balcons individuels fleuriront quand les normes s’allègeront .

● Le cinquième étage : souvent consacré aux familles modestes, il dispose néanmoins d’un balcon filant pour compléter l’esthétisme de la façade.

● Dernier étage : ces aménagements de combles sont généralement destinés aux domestiques. Découpés en petites chambres, ils sont accessibles par les escaliers de services.

Do you know Paris? D’Haussmann à nos jours : les immeubles parisiens Place saint georges architecture haussmann baron facade

 

Avec l’arrivée des ascenseurs, la grande bourgeoisie prendra de la hauteur et s’appropriera les étages les plus hauts et avec eux, les meilleures vues de Paris. A travers les époques, les appartements des immeubles Haussmann dévoilent une étonnante maniabilité : capable de grandir ou rétrécir les pièces, ils évoluent parfois en bureaux, parfois en showroom/boutique pour revenir en habitations selon les besoins. Prouesse notable : notre façon de vivre actuelle est toujours compatible avec le travail d’Haussmann, presque 200 ans plus tard. L’alignement strict des bâtiments et de la régularité des étages d’un bâtiment à l’autre (balcons, étages, types de décorations…) est également un point qui a rendu cette maniabilité possible. Les retraits ou avancées des immeubles sont lissés et tout dépassement est interdit pour ne laisser qu’une façade homogène sur toute la longueur de l’îlot de bâtiments.

C’est d’ailleurs ce que nous vous raconterons dans le prochain article : comment la ville de Paris s’est assainie en respectant de nouvelles règles d’urbanismes et en repensant la répartition des immeubles !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Current ye@r *